Le mal, la vulnérabilité et le respect de l'écriture.
(retour sur le club de lecture du 20 mars avec Alexie Morin)
Vendredi dernier, c’était la deuxième soirée en présentiel de notre club de lecture. On t’en a déjà parlé, on recevait Alexie Morin!
Oui, notre club de lecture se rencontre pour jaser du livre proposé (dans ce cas-ci, on commençait la saison avec Ouvrir son coeur). Mais si tu savais à quel point le livre est… accessoire ahah.
Nos participantes et participants sont là pour parler. Pour partager, pour s’écouter. Et pour se questionner aussi. Beaucoup.
Plusieurs thèmes sont ressortis de notre conversation avec Alexie, et je voulais prendre le temps de te partager des idées et des pistes de réflexion qui m’ont beaucoup inspirées pendant la soirée.
(𝐕𝐀𝐄 𝐁𝐀𝐓𝐀𝐈𝐋𝐋𝐄 bae, ça serait le fun que tu complètes mon résumé avec tes propres notes mentales!)
Le mal, l’os à ronger
Si tu me connais ou que tu as déjà travaillé tes textes et ton univers créatif avec moi, tu sais que je suis obsédée par l’idée de l’os à ronger. Pour faire simple, c’est un thème, un angle, un fil conducteur qui nourrit ta créativité. Vae l’a nommé son everwell.
Quand j’ai demandé à Alexie quel était son os d’écrivaine, elle m’a tout de suite répondu : le mal. Comme quelque chose qui s’incruste, comme une présence persistante, difficile à éliminer, qu’on ne veut pas non plus ignorer.
La discussion a dérivé vers plusieurs questionnements : comment le mal se manifeste-t-il dans nos récits et dans nos personnages? Comment la littérature peut-elle mettre en lumière ce qui ronge de l’intérieur? Comment utiliser sa propre phobie du mal pour nourrir ses textes? C’était fascinant d’entendre les avis des un(e)s et des autres.
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Note de Vae: Alexie et moi avons entrouvert une dimension d’exploration; un endroit où l’on peut s’imaginer autrement, dans une vie, dans un corps que le mal n’aurait pas entamé. Que serions-nous devenues si certains événements ne nous avaient jamais traversées ? Si par exemple nous avions grandi dans des familles capables de porter nos ambitions ?
Serions-nous devenues écrivaines ?
Ou quelque chose de plus facile à nommer?
La conversation nous a glissées vers nos enfants; nos deux filles, et de l’aventure qu’est celle de les voir naître ~ si entières, si pures. Puis assister, presque en silence, à leurs premières fissures.
Observer comment les maux (petits et grands) de la vie, lentement, trouvent leur chemins pour entrer en elles.
Et comprendre, sans pouvoir l’empêcher, que c’est aussi ainsi qu’elles deviendront elles-mêmes.
Et si je te demandais de nous dire dans les commentaires
quel est ton os à toi
tu répondrais quoi?
La vulnérabilité comme personnage principal
C’était évident qu’on aborderait le thème de la vulnérabilité. Tu nous connais à force lol.
Pour plusieurs, la lecture du livre a été difficile : peut-être parce qu’on venait gratter des remords et des regrets personnels? Peut-être aussi parce que le livre oblige à affronter des parts de soi qu’on voudrait garder à distance?
La narration n’embellit rien. Dans Ouvrir son coeur, Alexie expose le détestable au même titre que le reste. Et ce choix-là, même s’il est assumé, peut devenir inconfortable. Il demande aux lecteur(ice)s de tenir bon dans le réel, sans chercher à se rassurer.
Respecter l’écriture
Alexie traite l’écriture avec un respect comme on en a rarement vu. C’est la première chose qu’on s’est dite Vae et moi, pendant notre petit debrief de la soirée. À quel point Alexie avait appris à écouter le texte et à le laisser vivre dans sa tête et dans son coeur plutôt qu’à chercher à le corriger ou à le perfectionner.
C’était incroyablement délicieux d’entendre quelqu’un nous partager avec autant de naturel l’amour, le vrai, qu’elle a pour les mots, pour les histoires, pour la littérature et surtout, pour les autrices et auteurs autant amateur(e)s que professionnel(le)s.
La ligne qui relit la création et la nécessité est fascinante. Quand une idée dépasse son origine et qu’elle insiste, on finit par céder et la faire exister dans l’écriture tant elle nous obsède.
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Note de Vae: Cette rencontre a bougé quelque chose dans ma relation à l’écriture.
Elle m’a remise face à une évidence que j’ai l’habitude de contourner; le sacré de l’acte qu’est celui d’écrire. Par impatience, je passe trop vite. J’utilise l’AI, je m’auto-édite, je publie des livres sur Amazon, encore traversés de fautes, sans laisser un regard extérieur rencontrer l’œuvre. Et Alexie et Éric m’ont ramené, doucement, dans un espace où l’inspiration a le temps de respirer, pendant parfois 4 à 8 ans, avant de voir le jour.
Depuis, j’ai entre les mains une belle réflexion à faire sur ma propre maturité face à l’art et à l’écriture.
La littérature devient politique
On le dit et on le répète : notre club de lecture n’est pas qu’un club de lecture. C’est une porte ouverte sur un moment inspirant où on rassemble des gens de tous les âges et de toutes les professions qui veulent connecter pour de vrai.
Éric l’a mentionné avant de partir braver la tempête de neige : la littérature est politique.
Si tu avais vu nos participantes et nos participants (dans leurs plus beaux kits omg) ne pas mentionner une seule fois leur carrière et leurs accomplissements et être juste dans l’émotion, dans le partage, dans l’opinion et dans l’ouverture, tu comprendrais exactement ce que je veux dire.
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Note de Vae : Je crois que ce n’est pas la littérature qui est politique, c’est plutôt l’acte brut d’exprimer ce qu’on ressens. Exprimer une émotion telle qu’elle traverse ton corps (intacte et indomptée) c’est un geste qui dérange, qui créer des réactions et qui terrifie parfois…
Parce que ça ne se contrôle pas.
Comme Catherine et moi. x
En fait, tu peux absolument voir ce que je veux dire parce que tu vas assister à la prochaine rencontre du club, le 22 mai prochain





Merci pour toi catherine si formidable 💔😘😘
Merci boucoup pour tout le club et bonne courage catherine Vae bataille et Alex et tout group 🙏🙏🙏🌹🌹💔 j